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10 août 2004

Le judaïsme libéral

héritier d’une tradition d’évolution permanente
Avec l’aimable autorisation du rabbin François Garaï (GIL-Genève)

Le judaïsme a toujours su innover. Abraham a affirmé l’existence d’un Dieu un et unique, créateur de l’univers. Moïse puis les prophètes ont affirmé la liberté et la responsabilité individuelles, la loi et l’éthique comme principes fondamentaux de la société. Plus tard, prenant en compte la destruction du Temple, les prophètes et les rabbins ont affirmé que la prière, l’étude et la justice sociale remplaçaient les sacrifices. Lorsque l’interdiction de mettre par écrit d’autres paroles que celles de la Torah risquait de mettre fin à l’existence du peuple juif, les rabbins ont passé outre à cet interdit pour assurer la pérennité juive.
Ainsi, au cours des nombreux siècles de l’élaboration des recueils du Talmud et des ouvrages rabbiniques, l’énoncé des mitzvot a reflété les nécessités du temps. Mais dans la société du ghetto, le judaïsme s’est figé.

Au 19ème siècle, pour lutter contre l’assimilation de la majorité des Juifs, conséquence de l’ouverture des portes du ghetto, le judaïsme libéral a repris le flambeau de la tradition novatrice du judaïsme afin d’assurer un avenir possible au peuple juif. Il a repris la liberté des maîtres du Talmud, assumant ainsi la tradition rabbinique dans son essence.

C’est pourquoi :
• Le judaïsme libéral affirme que Dieu est la source de l’existence. De l’Alliance scellée entre Dieu et le peuple juif découle la responsabilité de chaque membre du peuple d’Israël d’être porteur du message divin.
• Le judaïsme libéral affirme que Dieu s’est dévoilé depuis Abraham, révélé à Moïse, aux prophètes, aux prophétesses et aux maîtres qui jusqu’à nos jours ont donné corps à la Tradition, par leurs paroles, leurs écrits et leurs actes.
• Le judaïsme libéral affirme que cette Tradition est évolutive. Comme par le passé, elle doit rester ouverte au monde, prendre en compte la raison et l’éthique actuelles et poursuivre son évolution.
• Le judaïsme libéral affirme que l’accomplissement des mitzvot permet à chacun de faire pénétrer une dimension de sainteté à l’intérieur de son foyer, au sein de la communauté et dans le monde.
• Le judaïsme libéral cherche à mettre en évidence l’esprit qui sous-tend ces mitzvot et à redéfinir leur mode d’application en fonction du monde actuel.
• Le judaïsme libéral rappelle l’importance des mitzvot concernant la vie quotidienne, le Chabbat et les jours de Fête.
• Le judaïsme libéral insiste sur les rites de passage qui jalonnent la vie de chacun: naissance, Berit Milah et Berit Lédah, Bar-Mitzvah et BatMitzvah, mariage et deuil.
• Le judaïsme libéral rappelle le rôle primordial du foyer juif, lieu de transmission et de vie religieuse.
• Le judaïsme libéral constate que le rituel, œuvre humaine, a évolué à travers les siècles pour devenir et rester l’expression de la conscience juive. Il doit donc exprimer la spiritualité contemporaine, dans une recherche continue de la cohérence entre la pensée, les paroles et les actes.
• Le judaïsme libéral constate l’évolution de la Halakhah concernant en particulier les questions de filiation, de statut religieux et social, et d’intégration. S’attachant à déterminer l’application de la Halakhah pour le monde d’aujourd’hui, il définit ces questions dans une approche inclusive. C’est pourquoi:
    - il a annulé les statuts de mamzérout et d’infériorité de certaines catégories de personnes,
    - il accorde aux hommes et aux femmes les mêmes droits et les mêmes devoirs,
    - il considère de façon bienveillante la demande de conversion de ceux qui désirent s’intégrer au peuple d’Israël et la demande de confirmation de judéité de ceux dont un des parents est juif,
• Le judaïsme libéral considère que la synagogue est un lieu essentiel d’affirmation et de transmission de notre Tradition. Il insiste sur la nécessité de l’étude et sur l’importance de la connaissance qui seules favorisent une évolution cohérente et continue, et un enracinement positif dans les valeurs juives.
• Le judaïsme libéral considère que tout Juif vivant hors du pays d’Israël doit être concerné par le bien-être de ses frères et sœurs qui ont choisi de s’y établir. Il affirme qu’il est du devoir de chacun de suivre l’évolution de la société israélienne.
Il insiste sur le nécessaire dialogue égalitaire entre Israël et les communautés juives hors d’Israël, afin qu’ils sortent renforcés dans leur identité propre. Il rappelle que l’Alyah reste une option individuelle.
• Le judaïsme libéral juge blasphématoire le fait de considérer la Shoah comme une punition divine. Le devoir de mémoire qui nous incombe doit nous amener à lutter contre toute forme d’indifférence face à l’oppression et à l’exclusion, y compris au sein des communautés juives.
• Le judaïsme libéral insiste sur la notion de Tzedakah qui doit s’appliquer non seulement au sein de la communauté juive, mais également à l’égard de toute la société.
• Le judaïsme libéral est attaché au principe de Tikkoun Olam/Rédemption du monde et affirme que chacun doit agir pour la rédemption du monde et l’avènement de l’ère messianique.

Le judaïsme libéral maintient un judaïsme vivant qui permet à tout Juif et à toute Juive d’affirmer son identité, sa responsabilité envers kelal Israël/l’ensemble du peuple juif et envers la création divine, à travers une expression religieuse fondée sur une tradition millénaire en constante évolution.

09 août 2004

Une synagogue égalitaire et un siddour réactualisé

Avec l’aimable autorisation du rabbin François Garaï (GIL-Genève)

Dans la synagogue libérale, tous ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Tout Juif adulte, homme ou femme, peut donc porter le Talit, mettre les Tefillin, être appelé à la Torah et diriger la prière. Aucune séparation ne délimite un espace pour les hommes et un autre pour les femmes. Une partie de l’office se déroule dans la langue du pays. Le texte du Siddour tient compte de l’évolution de la Tradition et de notre situation dans le monde actuel.

La société dans laquelle nous vivons est égalitaire, ouverte et pluraliste. Elle affirme le droit de chacun, sans distinction de sexe, et ne rejette pas l’autre du fait de son origine.

Soixante ans après la Shoah, nous restons dans la Diaspora et prenons en compte la renaissance de l’Etat d’Israël.

En référence à ces paramètres, nous avons repris l’ancienne coutume d’adapter les textes liturgiques en accord avec notre vision de Dieu et du monde et nous avons fait correspondre le texte français avec le texte hébreu, pour ne pas tenir un discours différent dans chaque langue.

Les principes qui nous ont guidés dans ces choix sont ceux de notre approche de la Tradition juive que nous considérons comme évolutive.

Ainsi :

• Nous avons préféré l’évocation de l’ère messianique à celle du Messie,

• Nous n’avons pas gardé les textes exprimant l’espoir de la réinstauration des sacrifices d’animaux et des offrandes de végétaux,

• Nous avons modifié les textes qui avaient un contenu discriminatoire, soit à l’encontre des femmes, soit à l’encontre des non-Juifs.

05 août 2004

Identité juive, conversion, adoption

A l’époque biblique, la patrilinéarité (filiation par le père) constituait la règle et I’intégration d’un(e) non-juif(ve) se faisait sans difficulté. Plus tard, pour les enfants de couples mixtes, la matrilinéarité (filiation par la mère) est devenue la norme. Aujourd’hui le judaïsme libéral accueiIle celles et ceux qui, d’ascendance juive, désirent y revenir et ouvre les portes du
peuple juif à toute personne sincère désirant s’y intégrer.

IDENTITE JUIVE
Toute personne née de deux parents juifs et qui ne s’identifie pas à une autre religion est juive.
Lorsque seule la mère est juive et que cette personne s’identifie comme telle à l’exception de toute identification à une autre religion, elle est considérée comme juive,
Lorsque seul le père est juif, lorsque cette personne dans son enfance a été intégré(e) dans une communauté avec les rites traditionnels, qu’il(elle) a suivi une éducation juive, préparé et célébré sa Bar(Bat)-Mitzvah, après une Tevilah/immersion dans un mikvéh/bain ou son équivalent lorsque les règles de la communauté le demandent, il(elle) sera considéré(e) comme juif(ve).
Si cette intégration n’a pas eu lieu lors de l’enfance, s’il s’avère que cette personne n’adhère pas à une autre religion, s’identifie comme juive et a toujours été considérée comme telle par son entourage, elle acquerra les connaissances qui lui manquent, s’intégrera à la communauté, vivra une vie juive, dans le cas d’ un homme procédera à la circoncision et pour un homme comme pour une femme, sous la responsabilité d’un Beit-Din, prendra une Tevilah devant témoins.
Nous reconnaissons tout acte de confirmation d’identité émis par une autorité compétente.
CONVERSION
Toute demande sincère est prise en considération.
Il sera demandé au(à la) candidat(e) d’acquérir les connaissances nécessaires pour pouvoir mener une vie juive, d’intégrer la pratique juive dans sa vie personnelle, de s’intégrer au sein de la communauté. La période d’études, sauf cas exceptionnels, est d’une année minimum.
A la fin de ce processus, le(la) candidat(e) est présenté(e) à un Beit-Din composé de trois rabbins qui s’assurent de ses connaissances, de son intégration au sein du «peuple juif et de sa volonté de vivre une vie juive pleine et entière. Lorsque le candidat affirme vouloir se conformer aux prescriptions de notre Tradition kabbalat ha mitzvot/acceptation du joug des commandements - le Beit-Din lui souhaite la bienvenue au sein du peuple d’Israël.
Pour un homme la circoncision suivra et, pour tous les candidats, sous la responsabilité d’un Beit-Din, une Tevilah sera prise devant témoins.
Nous reconnaissons tout acte de conversion émis par une autorité compétente.
ADOPTION
Si un enfant est adopté et que son(ses) parent(s) juif(s) désire(nt) l’intégrer dans la communauté, il(elle) pourra entrer dans l’Alliance (Berit-Milah pour un garçon, Berit-Lédah pour une fille), recevoir un prénom juif, être présenté/e à la Torah, suivre les cours et les activités du Talmud Torah, préparer et célébrer sa Bar(Bat)-Mitzvah, après une Tevilah dans un mikvéh ou son équivalent lorsque les règles de la communauté le demandent.
Il(elle) sera alors considéré(e) comme membre du peuple d’Israël.

Tout acte ou certificat concernant le statut personnel émis par nos communautés est accepté par l’Agence juive, l’administration israélienne et les communautés libérales dans le monde entier.

Liens UJLL

  • LIVRES
    Le site de la Librairie du Progrès et sa boutique en ligne
  • UJLL
    Le site de l'union juive libérale de Lyon
  • CRIF
    Conseil Représentatif des Institutions juives de France
  • COL.fr
    La voix de la communauté juive de France
  • UAHC
    Site de l'Union for Reform Judaïsme
  • WUPJ
    Site de la World Union for Progressive Judaism
  • CJL - Lyon
    Le site de la communauté juive libérale de Lyon
  • CJL - NITSA
    Le site de la communauté juive libérale Ile-de-France
  • MJLF
    Le site du mouvement juif libéral de France (Paris)

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