Dressons la table
Par Catherine Déchelette Elmalek
Les traditions de la table sont des éléments essentiels du judaïsme. Traditions culinaires et rites spirituels se mêlent étroitement afin d’observer la persistance d’une mémoire et de la vie d’une communauté.
Les valeurs symboliques qui s’attachent à ces traditions ont permis au peuple juif de traverser les siècles en conservant son particularisme et son identité tout en s’enrichissant des milieux et des atmosphères des pays où il vivait.
Le prophète Ezéchiel disait déjà en son temps, “la table familiale est un autel”.
Les mets et les mots forment un tout.
Ces traditions culinaires, ces symboles spirituels que l’on mange sont un héritage qui survit d’une génération à l’autre, “elles sont notre mémoire juive au quotidien”
(Marc Alain Ouaknin).
En attendant de démarrer ensemble ce parcours à travers quelques siècles de cuisine juive (nous commencerons par les temps bibliques), je vous propose d’évoquer les tables des fêtes de Tou bishvat et de Pourim.
Tou bishvat marque le renouveau de la nature en Eretz Israel. Fête considérée comme mineure, elle n’en est pas moins
très populaire dans toute la diaspora car
elle témoigne de l’attachement du peuple
juif à sa terre d’origine.
Afin de symboliser le sens de Tou bishvat il est d’usage de consommer
le plus grand nombre possible de fruits (15 !) produits par la terre
d’Israel et mentionnés dans
les textes bibliques.
La tradition fixe ainsi un ordre de consommation des fruits accompagnée
de bénédictions spécifiques et de coupes de vin (on parle d’ailleurs
d’un seder comme pour Pessah) : froment, olive, datte, raisin, figue,
grenade, cédrat, pomme, noix, amande, caroube, poire !
Les recettes de cuisine mettent bien sûr en avant des plats à base de
fruits. Ceux-ci se sont évidemment adaptés à ce que chaque communauté
avait à sa disposition là où elle vivait. En janvier - février les
choix fruitiers ne sont pas les mêmes au Maroc qu’en Pologne !
Pourim dont je ne rappellerai ni l’histoire ni le sens ici, est une fête joyeuse et conviviale. Cette joie est marquée par le partage de gâteaux que l’on offre à sa famille et à ses amis. Pourim n’a pas de menu rituel mais les gâteaux partagés évoquent divers éléments de l’histoire lue dans la méguila. Les gâteaux sont donc individuels (pour être facilement distribués) et de formes variées : en forme de rouleau pour le rouleau d’Esther, de couleur blanche pour la pureté d’Esther, en forme d’oreille pour le méchant Aman, avec des fruits secs car le texte dit qu’Esther ne mangea durant son séjour au palais d’Assuérus que “des graines et de l’eau”... Il existe de nombreuses variantes de tous ces petits gâteaux symboliques selon les communautés.
Je vous retrouve dans le prochain Itoni
pour évoquer la cuisine de nos ancêtres ...
les hébreux !
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