Talith et Kipa
Par Guy Attal
La Torah ne fait aucune mention de la kipa. Il s’agit d’une coutume, à l’inverse du port du talit’ qui est un commandement.
De tout temps, la question de se couvrir la tête ou non, a été débattue par les rabbins, avant d’être enfin acceptée de façon quasi générale mais assez récemment (le Choulh’an Aroukh de Yossef Caro date du 16ème siècle).
Ainsi, certains prêtres étaient tête nue : Yoma 25 a.
Au temps des Maccabées, pendant leur lutte contre Antiochus Epiphane (2ème siècle avant l’ère courante), les Judéens rejetèrent une loi qui voulait leur imposer le port d’un chapeau ! Au 13ème siècle, des Rabbins (en France) étudiaient et priaient tête nue. Il existe bien d’autres exemples qui montrent que le port de la kipa ou le fait de se couvrir la tête ne faisait pas l’unanimité. Actuellement, « le port de la kipa est conçu comme symbolisant la présence de Dieu au-dessus de nos têtes, et devrait nous inciter à l’humilité et à la modestie ». Il n’y a aucun interdit à ce que les femmes portent une kipa ou un chapeau. Actuellement, dans les synagogues libérales, au moins en Europe, le port de la Kipa ou d’un autre « couvre-chef » est général.
Le Talith
Il s’agit d’un vêtement rectangulaire ou carré (il doit obligatoirement avoir 4 coins) et à ces coins doivent être attachés des Tsitsiot.
Le port du Talith est un commandement : 3ème partie du « Chémaâ »
Véassou lahem tsitsit al can’pé bigdéem ; les tsitsiot sont des franges attachées aux 4 coins du vêtement et qui sont nouées de façon particulière pour que ces nœuds forment le chiffre 613 (rappel des 613 mitsvot que contient la Torah), comme il est dit plus loin : « ouritem oto ouzh’artem et’ col mitsvot » … ce qui signifie : en les voyant, vous vous souviendrez de toutes les mitzvot… Le port du talith est donc obligatoire aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Il existe un petit talith ou talith catan’ dont on se revêt le matin ; on peut le porter en écharpe ou en pratiquant une ouverture dans son milieu pour y passer la tête (sur un maillot de corps par exemple). Il faut dire, juste avant de le mettre « modé ani » — « moda ani » pour une femme — puis la bénédiction « al mtisvat’ tsitsit ». On enlève le talit’ catan’ avant de se coucher et on le « béh’oh’ma oubara… » qui concerne le fonctionnement des émonctoires naturels, puis, lavage soigneux des mains et netilat…, de sorte qu’on a quitté l’impureté de la nuit et du sommeil, assimilé à une « petite mort » .
La bénédiction sur le talit’ catan’ est donc la 4ème prière que l’on dit le matin.
Il est bon de laisser ressortir les tsitsiot du talit’ pour respecter le commandement : « ouritem oto » qui signifie : « en les voyant… », mais on peut admettre de les rentrer dans les poches du pantalon (ou d’une jupe pour une femme !) afin de ne pas choquer ou déranger….
Il existe un grand Talith (Talith Gadol) dont on s’enveloppe avant de débuter la prière ; la bénédiction est différente, on dit « léïâtef batsitsit ».(nous envelopper des tsitsit). Ce grand Talith peut être mis après avoir dit les bérakhot habituelles du matin : éloaï puis la série des « barouh’ ata »…dont l’importance et la signification sont fondamentales !
A bientôt, pour vous parler des téfilines (phylactères).
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