24 mai 2007

Talith et Kipa

Par Guy Attal

La Torah ne fait aucune mention de la kipa. Il s’agit d’une coutume, à l’inverse du port du talit’ qui est un commandement.
De tout temps, la question de se couvrir la tête ou non, a été débattue par les rabbins, avant d’être enfin acceptée de façon quasi générale mais assez récemment (le Choulh’an Aroukh de Yossef Caro date du 16ème siècle). Ainsi, certains prêtres étaient tête nue : Yoma 25 a. Au temps des Maccabées, pendant leur lutte contre Antiochus Epiphane (2ème siècle avant l’ère courante), les Judéens rejetèrent une loi qui voulait leur imposer le port d’un chapeau ! Au 13ème siècle, des Rabbins (en France) étudiaient et priaient tête nue. Il existe bien d’autres exemples qui montrent que le port de la kipa ou le fait de se couvrir la tête ne faisait pas l’unanimité. Actuellement, « le port de la kipa est conçu comme symbolisant la présence de Dieu au-dessus de nos têtes, et devrait nous inciter à l’humilité et à la modestie ». Il n’y a aucun interdit à ce que les femmes portent une kipa ou un chapeau. Actuellement, dans les synagogues libérales, au moins en Europe, le port de la Kipa ou d’un autre « couvre-chef » est général. Le Talith Il s’agit d’un vêtement rectangulaire ou carré (il doit obligatoirement avoir 4 coins) et à ces coins doivent être attachés des Tsitsiot. Le port du Talith est un commandement : 3ème partie du « Chémaâ »  Véassou lahem tsitsit al can’pé bigdéem ; les tsitsiot sont des franges attachées aux 4 coins du vêtement et qui sont nouées de façon particulière pour que ces nœuds forment le chiffre 613 (rappel des 613 mitsvot que contient la Torah), comme il est dit plus loin : « ouritem oto ouzh’artem et’ col mitsvot » … ce qui signifie : en les voyant, vous vous souviendrez de toutes les mitzvot… Le port du talith est donc obligatoire aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Il existe un petit talith ou talith catan’ dont on se revêt le matin ; on peut le porter en écharpe ou en pratiquant une ouverture dans son milieu pour y passer la tête (sur un maillot de corps par exemple). Il faut dire, juste avant de le mettre « modé ani » — « moda ani » pour une femme — puis la bénédiction « al mtisvat’ tsitsit ». On enlève le talit’ catan’ avant de se coucher et on le « béh’oh’ma oubara… » qui concerne le fonctionnement des émonctoires naturels, puis, lavage soigneux des mains et netilat…, de sorte qu’on a quitté l’impureté de la nuit et du sommeil, assimilé à une « petite mort » . La bénédiction sur le talit’ catan’ est donc la 4ème prière que l’on dit le matin. Il est bon de laisser ressortir les tsitsiot du talit’ pour respecter le commandement : « ouritem oto » qui signifie : « en les voyant… », mais on peut admettre de les rentrer dans les poches du pantalon (ou d’une jupe pour une femme !) afin de ne pas choquer ou déranger…. Il existe un grand Talith (Talith Gadol) dont on s’enveloppe avant de débuter la prière ; la bénédiction est différente, on dit « léïâtef batsitsit ».(nous envelopper des tsitsit). Ce grand Talith peut être mis après avoir dit les bérakhot habituelles du matin : éloaï puis la série des « barouh’ ata »…dont l’importance et la signification sont fondamentales ! A bientôt, pour vous parler des téfilines (phylactères).

11 février 2007

Pourquoi rester juif ?

Par le rabbin Pauline Bebe

Shema ! L’un des mots les plus connus peut-être de la langue hébraïque, apparaît 1159 fois dans le Tanakh, récité deux fois par jour, présenté comme étant un des textes les plus importants de notre tradition, premier texte appris par les enfants, texte récité au crépuscule de la vie, à l’aube d’un voyage « en demeurant à la maison, en se couchant et en se levant » (Deut.6 :7).
Shema ! Cette injonction de trois lettres shin, mem, aïn, qui invite à l’écoute, à l’attention, parole qui intime le silence, mot qui invite à se taire, mot qui peut n’être suivi d’aucun autre mot, qui se suffit à lui-même. Shema ! Prête l’oreille ! Pourquoi ce mot est-il si essentiel à notre tradition juive ? Shema Israël La plupart des philosophies, la plupart des religions posent comme principe des affirmations, notre tradition a comme idée centrale une invitation à l’écoute, un soupir, une respiration. Ka mashma lan ? Que pouvons-nous apprendre de ce fait, est la question leitmotive du Talmud ? Quel enseignement pouvons-nous en déduire ? Peut-être que l’écoute est la dimension nécessaire de la civilisation, qu’au-delà de l’écoute de l’autre, il y a l’écoute de soi et au-delà de soi cette petite voix fine et silencieuse dont parle le prophète Elie, kol demama daka. Nous vivons dans un monde de trop plein de mots. Nous sommes assaillis de messages écrits, oraux, audio-visuels, cybernétiques. Nous apprenons à parler, écrire, discuter, intervenir, répondre, argumenter. Mais tout cela est-il possible sans le partenaire sine qua non de la parole : le silence, l’écoute, les blancs entre les lignes, les espaces entre l’écriture, les soupirs entre les notes de musique. A quoi sert de parler, si l’autre n’écoute pas ? Combien d’entre nous font semblant d’écouter, préparent leur réponse pendant que l’autre parle, pensent à autre chose, sont distraits par l’environnement, pensent à leur apparence en train d’écouter, pensent à l’effet que la réponse produira sur l’autre une fois qu’il l’aura entendu, pensent à eux-mêmes au lieu de penser à l’autre. Combien d’entre nous attendent que l’autre ait fini de parler pour pouvoir intervenir sans pour autant écouter ce qu’il dit ?

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10 août 2004

Le judaïsme libéral

héritier d’une tradition d’évolution permanente
Avec l’aimable autorisation du rabbin François Garaï (GIL-Genève)

Le judaïsme a toujours su innover. Abraham a affirmé l’existence d’un Dieu un et unique, créateur de l’univers. Moïse puis les prophètes ont affirmé la liberté et la responsabilité individuelles, la loi et l’éthique comme principes fondamentaux de la société. Plus tard, prenant en compte la destruction du Temple, les prophètes et les rabbins ont affirmé que la prière, l’étude et la justice sociale remplaçaient les sacrifices. Lorsque l’interdiction de mettre par écrit d’autres paroles que celles de la Torah risquait de mettre fin à l’existence du peuple juif, les rabbins ont passé outre à cet interdit pour assurer la pérennité juive.
Ainsi, au cours des nombreux siècles de l’élaboration des recueils du Talmud et des ouvrages rabbiniques, l’énoncé des mitzvot a reflété les nécessités du temps. Mais dans la société du ghetto, le judaïsme s’est figé.

Au 19ème siècle, pour lutter contre l’assimilation de la majorité des Juifs, conséquence de l’ouverture des portes du ghetto, le judaïsme libéral a repris le flambeau de la tradition novatrice du judaïsme afin d’assurer un avenir possible au peuple juif. Il a repris la liberté des maîtres du Talmud, assumant ainsi la tradition rabbinique dans son essence.

C’est pourquoi :
• Le judaïsme libéral affirme que Dieu est la source de l’existence. De l’Alliance scellée entre Dieu et le peuple juif découle la responsabilité de chaque membre du peuple d’Israël d’être porteur du message divin.
• Le judaïsme libéral affirme que Dieu s’est dévoilé depuis Abraham, révélé à Moïse, aux prophètes, aux prophétesses et aux maîtres qui jusqu’à nos jours ont donné corps à la Tradition, par leurs paroles, leurs écrits et leurs actes.
• Le judaïsme libéral affirme que cette Tradition est évolutive. Comme par le passé, elle doit rester ouverte au monde, prendre en compte la raison et l’éthique actuelles et poursuivre son évolution.
• Le judaïsme libéral affirme que l’accomplissement des mitzvot permet à chacun de faire pénétrer une dimension de sainteté à l’intérieur de son foyer, au sein de la communauté et dans le monde.
• Le judaïsme libéral cherche à mettre en évidence l’esprit qui sous-tend ces mitzvot et à redéfinir leur mode d’application en fonction du monde actuel.
• Le judaïsme libéral rappelle l’importance des mitzvot concernant la vie quotidienne, le Chabbat et les jours de Fête.
• Le judaïsme libéral insiste sur les rites de passage qui jalonnent la vie de chacun: naissance, Berit Milah et Berit Lédah, Bar-Mitzvah et BatMitzvah, mariage et deuil.
• Le judaïsme libéral rappelle le rôle primordial du foyer juif, lieu de transmission et de vie religieuse.
• Le judaïsme libéral constate que le rituel, œuvre humaine, a évolué à travers les siècles pour devenir et rester l’expression de la conscience juive. Il doit donc exprimer la spiritualité contemporaine, dans une recherche continue de la cohérence entre la pensée, les paroles et les actes.
• Le judaïsme libéral constate l’évolution de la Halakhah concernant en particulier les questions de filiation, de statut religieux et social, et d’intégration. S’attachant à déterminer l’application de la Halakhah pour le monde d’aujourd’hui, il définit ces questions dans une approche inclusive. C’est pourquoi:
    - il a annulé les statuts de mamzérout et d’infériorité de certaines catégories de personnes,
    - il accorde aux hommes et aux femmes les mêmes droits et les mêmes devoirs,
    - il considère de façon bienveillante la demande de conversion de ceux qui désirent s’intégrer au peuple d’Israël et la demande de confirmation de judéité de ceux dont un des parents est juif,
• Le judaïsme libéral considère que la synagogue est un lieu essentiel d’affirmation et de transmission de notre Tradition. Il insiste sur la nécessité de l’étude et sur l’importance de la connaissance qui seules favorisent une évolution cohérente et continue, et un enracinement positif dans les valeurs juives.
• Le judaïsme libéral considère que tout Juif vivant hors du pays d’Israël doit être concerné par le bien-être de ses frères et sœurs qui ont choisi de s’y établir. Il affirme qu’il est du devoir de chacun de suivre l’évolution de la société israélienne.
Il insiste sur le nécessaire dialogue égalitaire entre Israël et les communautés juives hors d’Israël, afin qu’ils sortent renforcés dans leur identité propre. Il rappelle que l’Alyah reste une option individuelle.
• Le judaïsme libéral juge blasphématoire le fait de considérer la Shoah comme une punition divine. Le devoir de mémoire qui nous incombe doit nous amener à lutter contre toute forme d’indifférence face à l’oppression et à l’exclusion, y compris au sein des communautés juives.
• Le judaïsme libéral insiste sur la notion de Tzedakah qui doit s’appliquer non seulement au sein de la communauté juive, mais également à l’égard de toute la société.
• Le judaïsme libéral est attaché au principe de Tikkoun Olam/Rédemption du monde et affirme que chacun doit agir pour la rédemption du monde et l’avènement de l’ère messianique.

Le judaïsme libéral maintient un judaïsme vivant qui permet à tout Juif et à toute Juive d’affirmer son identité, sa responsabilité envers kelal Israël/l’ensemble du peuple juif et envers la création divine, à travers une expression religieuse fondée sur une tradition millénaire en constante évolution.

09 août 2004

Une synagogue égalitaire et un siddour réactualisé

Avec l’aimable autorisation du rabbin François Garaï (GIL-Genève)

Dans la synagogue libérale, tous ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Tout Juif adulte, homme ou femme, peut donc porter le Talit, mettre les Tefillin, être appelé à la Torah et diriger la prière. Aucune séparation ne délimite un espace pour les hommes et un autre pour les femmes. Une partie de l’office se déroule dans la langue du pays. Le texte du Siddour tient compte de l’évolution de la Tradition et de notre situation dans le monde actuel.

La société dans laquelle nous vivons est égalitaire, ouverte et pluraliste. Elle affirme le droit de chacun, sans distinction de sexe, et ne rejette pas l’autre du fait de son origine.

Soixante ans après la Shoah, nous restons dans la Diaspora et prenons en compte la renaissance de l’Etat d’Israël.

En référence à ces paramètres, nous avons repris l’ancienne coutume d’adapter les textes liturgiques en accord avec notre vision de Dieu et du monde et nous avons fait correspondre le texte français avec le texte hébreu, pour ne pas tenir un discours différent dans chaque langue.

Les principes qui nous ont guidés dans ces choix sont ceux de notre approche de la Tradition juive que nous considérons comme évolutive.

Ainsi :

• Nous avons préféré l’évocation de l’ère messianique à celle du Messie,

• Nous n’avons pas gardé les textes exprimant l’espoir de la réinstauration des sacrifices d’animaux et des offrandes de végétaux,

• Nous avons modifié les textes qui avaient un contenu discriminatoire, soit à l’encontre des femmes, soit à l’encontre des non-Juifs.

05 août 2004

Identité juive, conversion, adoption

A l’époque biblique, la patrilinéarité (filiation par le père) constituait la règle et I’intégration d’un(e) non-juif(ve) se faisait sans difficulté. Plus tard, pour les enfants de couples mixtes, la matrilinéarité (filiation par la mère) est devenue la norme. Aujourd’hui le judaïsme libéral accueiIle celles et ceux qui, d’ascendance juive, désirent y revenir et ouvre les portes du
peuple juif à toute personne sincère désirant s’y intégrer.

IDENTITE JUIVE
Toute personne née de deux parents juifs et qui ne s’identifie pas à une autre religion est juive.
Lorsque seule la mère est juive et que cette personne s’identifie comme telle à l’exception de toute identification à une autre religion, elle est considérée comme juive,
Lorsque seul le père est juif, lorsque cette personne dans son enfance a été intégré(e) dans une communauté avec les rites traditionnels, qu’il(elle) a suivi une éducation juive, préparé et célébré sa Bar(Bat)-Mitzvah, après une Tevilah/immersion dans un mikvéh/bain ou son équivalent lorsque les règles de la communauté le demandent, il(elle) sera considéré(e) comme juif(ve).
Si cette intégration n’a pas eu lieu lors de l’enfance, s’il s’avère que cette personne n’adhère pas à une autre religion, s’identifie comme juive et a toujours été considérée comme telle par son entourage, elle acquerra les connaissances qui lui manquent, s’intégrera à la communauté, vivra une vie juive, dans le cas d’ un homme procédera à la circoncision et pour un homme comme pour une femme, sous la responsabilité d’un Beit-Din, prendra une Tevilah devant témoins.
Nous reconnaissons tout acte de confirmation d’identité émis par une autorité compétente.
CONVERSION
Toute demande sincère est prise en considération.
Il sera demandé au(à la) candidat(e) d’acquérir les connaissances nécessaires pour pouvoir mener une vie juive, d’intégrer la pratique juive dans sa vie personnelle, de s’intégrer au sein de la communauté. La période d’études, sauf cas exceptionnels, est d’une année minimum.
A la fin de ce processus, le(la) candidat(e) est présenté(e) à un Beit-Din composé de trois rabbins qui s’assurent de ses connaissances, de son intégration au sein du «peuple juif et de sa volonté de vivre une vie juive pleine et entière. Lorsque le candidat affirme vouloir se conformer aux prescriptions de notre Tradition kabbalat ha mitzvot/acceptation du joug des commandements - le Beit-Din lui souhaite la bienvenue au sein du peuple d’Israël.
Pour un homme la circoncision suivra et, pour tous les candidats, sous la responsabilité d’un Beit-Din, une Tevilah sera prise devant témoins.
Nous reconnaissons tout acte de conversion émis par une autorité compétente.
ADOPTION
Si un enfant est adopté et que son(ses) parent(s) juif(s) désire(nt) l’intégrer dans la communauté, il(elle) pourra entrer dans l’Alliance (Berit-Milah pour un garçon, Berit-Lédah pour une fille), recevoir un prénom juif, être présenté/e à la Torah, suivre les cours et les activités du Talmud Torah, préparer et célébrer sa Bar(Bat)-Mitzvah, après une Tevilah dans un mikvéh ou son équivalent lorsque les règles de la communauté le demandent.
Il(elle) sera alors considéré(e) comme membre du peuple d’Israël.

Tout acte ou certificat concernant le statut personnel émis par nos communautés est accepté par l’Agence juive, l’administration israélienne et les communautés libérales dans le monde entier.

Liens UJLL

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    Le site de la Librairie du Progrès et sa boutique en ligne
  • UJLL
    Le site de l'union juive libérale de Lyon
  • CRIF
    Conseil Représentatif des Institutions juives de France
  • COL.fr
    La voix de la communauté juive de France
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    Site de l'Union for Reform Judaïsme
  • WUPJ
    Site de la World Union for Progressive Judaism
  • CJL - Lyon
    Le site de la communauté juive libérale de Lyon
  • CJL - NITSA
    Le site de la communauté juive libérale Ile-de-France
  • MJLF
    Le site du mouvement juif libéral de France (Paris)

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