Retour de Jérusalem
Par Daniela Touati
Du 15 au 20 mars dernier se déroulait le 33e congrès de la WUPJ (World Union for Progressiv Judaism). Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas encore cette organisation, c’est elle qui coiffe plus de 1500 communautés libérales ou progressistes à travers 30 pays et sur les 5 continents, dont l’UJLL bien sûr. Ce type de convention a lieu tous les 2 ans et une fois sur 2 à Jérusalem, siège mondial de la WUPJ.
Bien que nous soyons une goutte d’eau dans cette organisation, où les Etats-Unis sont largement prépondérants (900 communautés représentent jusqu’à 25000 familles pour les plus importantes) et que pour des raisons personnelles ce ne fût pas le meilleur moment pour m’absenter quelques jours loin des miens (une mère juive qui se respecte ne peut pas partir en plein préparatifs de la Bat- Mitsva de sa fille !), je me suis tout de même laissée convaincre.
Bien m’en a pris, je ne regrette pas une seconde d’avoir participé à cette « grand messe » du judaïsme libéral !
On peut faire confiance aux Américains pour organiser de manière absolument parfaite ce genre d’évènement : tout était bien orchestré, de la remise des badges (tickets repas inclus dans la pochette marquée à son nom !) jusqu’à la soirée d’ouverture alternant show (à l’américaine !) et discours enthousiastes, en passant par les visites guidées et autres soirées de gala. Je me suis laissée charmer par Danny Maseng en guest star, qui a accompagné l’office du shabbat de ses chants liturgiques empreints de musique folk américaine… et je l’écoute depuis tous les matins, au grand désespoir des miens, moins accros. Bien sûr, c’est l’occasion de faire des rencontres de quelques instants, mais aussi de créer des liens plus durables, de réfléchir à l’avenir du judaïsme libéral. Je me suis laissée emporter par nos traditions lors d’une visite de la vieille ville avec un guide (rabbin) extraordinaire : la fin de ce parcours sur le thème des « psaumes » où nous, une dizaine de juifs de tous horizons, avons chanté la Hatikva parmi l’appel des Muezzins à la prière et les cloches des églises, a été totalement magique ! Chaque rencontre fût unique, et des échanges très brefs m’ont émue, et fait réfléchir longtemps après.
C’est également très instructif : je me suis rendue compte que de nombreuses communautés ne comptaient pas plus de familles que la nôtre et ce, même à Tel Aviv ! A Jérusalem l’une d’entre elles a choisi de ne pas avoir de rabbin et ses membres dirigent les offices à tour de rôle (Minian assuré !). Enfin, sans argent, le nerf de la guerre, ce mouvement ne se serait pas développé de manière aussi dynamique. Et les riches communautés américaines sont très solidaires et généreuses avec leurs homologues européennes, notamment les communautés naissantes d’ex-Europe de l’Est, tout cela dans un esprit de simplicité et sans aucune arrogance comme on aurait pu le craindre. C’est particulièrement stimulant de faire partie d’un tel mouvement, de se sentir entouré, de s’apercevoir que tant de personnes à travers le monde s’investissent et se sentent concernés par des sujets de fond : le développement de ce courant du judaïsme, la transmission à nos jeunes de cet enseignement moral et religieux et, au-delà, comment faire pour les retenir parmi nous pour qu’ils diffusent à leur tour ces valeurs.
Dynamisée, ressourcée, je reviens vers vous avec des idées, des projets et beaucoup de travail à mettre en place en comptant sur la contribution, même infime, de chacun et chacune d’entre vous !
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